Relâche

Et puis, il faut bien prendre un peu de repos…

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Pendant que je file au hammam İşletmeciliği, dans Çemberlitaş, Christian, qui viendra me rejoindre dans un moment, passe chez le barbier, juste à côté. Il adore ces lieux, en particulier lorsque, comme c’est ici le cas, l’ancienne ambiance a été plus ou moins conservée.

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Le hammam en question, situé rue Divanyolu, est un endroit magique dont la publicité racoleuse évoque la sensualité, voire l’érotisme : des femmes presque nues dans des poses lascives au travers des vapeurs voluptueuses. Et il faut dire que le bâtiment impose le respect et appelle le plaisir des sens. Commandé à l’architecte ottoman d’origine byzantine Azadli Sinan par la sultane Nûr-Bânu (dont le nom signifie « Princesse attirant la lumière »), la nièce du doge de Venise Sebastiano Veniero et l’Épouse de Selim II, l’édifice fait partie d’un complexe où se retrouvent une mosquée, une école, une bibliothèque, des tombeaux, dont, en face, celui d’Ali Baba.

Conçu comme un bain double et donc composé de deux installations identiques côte à côte, le hammam comporte une section pour les hommes et une autre pour les femmes, mais l’entrée est aujourd’hui la même. Les trois niveaux

de loge sont une pure merveille. Chacune des régions chaudes du bain est couverte par trois dômes. On pénètre dans la zone chaude à travers une porte en bois et on se trouve sous la coupole du milieu. Le plan de cette partie est très particulier car il ne répond pas au canon de l’architecture des hammams. De l’extérieur, il s’agit d’un carré alors qu’à l’intérieur, il forme un cercle fait de douze colonnes composant un polygone. L’on entre dans la partie chaude en passant par les antichambres, où nous sommes malheureusement reçus avec peu de ménagement et pour tout dire, avec une impolitesse certaine. Mais une fois étendu dans la partie chaude, je découvre un grand dôme soutenu par des arcs avec des têtes en forme de baklava. Située directement sous la coupole, la plate-forme centrale sur laquelle je m’étends est éclairée par des yeux d’éléphant qui capturent la lumière venant de toutes les directions.

Que l’architecture du bain fasse l’orgueil des stambouliotes et attire les chercheurs pour son style, soit. Reste que de mon côté, je serai déçu. La salle de massage est peu invitante, le masseur, professionnel, mais peu à l’écoute. Un attrape-nigaud pour touristes, sans plus, sinon que très cher.