May He Rest in Peace

Un analysant me parle d’un rêve dans lequel il voit « un petit chien qui chie beaucoup » puis d’« un chat qui pète », chaîne de signifiants dont le chuintement fait pour lui sens en lien avec l’excrétion. Je pense alors à cette photo prise au croisement de deux rues à Montpellier, au sortir de La Panacée : un homme, polo venu du fond des âges, qui semble fatigué, fume une cigarette devant un conteneur à déchets. N’est-il pas commode mais terre à terre de l’imaginer proie, emprisonné dans la jungle de la grande dévoration, de la jouissance des prédateurs ? Et je me prends à me demander s’il ne se sent pas lui-même, au cœur de Leviathan, devenir rebut, objet a, reste, s’il ne va pas un jour disparaître sans laisser de traces, revenir à la nuit d’avant, celle qui efface jusqu’à la possibilité même qu’il ait un jour existé – excroissance et accroissance de l’étant.