Les miroirs qui reviennent quand marche un lion

Pour un instant, traversant le jardin puis marchant autour dans une des galeries, admirant les plates-bandes, je nous revois, un moment méditatifs, dans l’un ou l’autre cloître des abbayes que nous avons visités. C’est avec Janine Altounian, cette fois conquise, que nous venons de franchir la Porte de la Félicité après avoir admiré le Trésor impérial et la salle des costumes. Nous voici pantois devant les généreux pavillons aux incroyables agencements de céramique. La chambre des audiences, le Pavillon du sofa, la salle des reliques islamiques, rien ne nous laisse indifférents. Culture et barbarie se chevauchent, se côtoient, voisinent, s’intriquent, se reflétant l’une l’autre depuis la naissance de l’Humanité. Les kiosques de Bagdad et d’Erevan nous le rappellent : le premier célèbre la campagne de Murad IV à Bagdad en 1638 alors que le second servit pour les retraites religieuses. Erevan… comment rester sourd à ce nom arménien (en arménien ԵրևանYerevan), celui de la capitale de l’Arménie depuis 1918, dont le symbole est le mon Ararat ? Du palais ottoman, nous voilà en un instant revenu à la forteresse urartéenne d’Erebouni, lieu de naissance de la ville qu’atteste l’inscription cunéiforme gravée dans la pierre sur ordre du roi Argishti 1eren 782 av. J.-C., même si elle fut occupée bien plus tôt.