Les formes du monde

Il arrive que l’expression du bâti nous amène à dégager certains éléments clés de notre démarche. Au détour d’un passage, d’une rue, d’une voie apparaissent un point de vue, de fuite, une perspective, un appel de l’Autre. Ici, dans l’édifice où se trouve l’appartement perpignanais de nos amis métèques, Sophie Visier et Michel Fruitet, quelque chose de cet ordre s’impose, qui met en figure l’infigurable de notre démarche poïétique. La cour intérieure ainsi que l’escalier en colimaçon ouvrent en effet chacun à leur manière sur une dimension spiralée et infinie, comme si le monde révélait chaque fois notre travail en ces espaces. Leonardo da Vinci, Karl Blossfeldt et Hubert Reeves observent avec d’autres  comment les différentes architectures opèrent une véritable mimesis de la nature, non pas comme simple répétition du même, mais comme possibilité de croissances.

Loin de nous l’angoisse – quoique… Plutôt un vide qui advient nécessairement, faisant signe en direction du fantasme troglodytique des humains, sédentaires ou nomades, enracinés, migrants volontaires ou forcés. Toujours, le départ reconduit à la coquille originaire.