Le Christ dévisagé

Toujours à Perpignan, dans l’une des chapelles de la cathédrale St-Jean-Baptiste, dite chapelle du Dévôt Christ, datant du XVe siècle, se trouve un véritable chef d’œuvre. C’est que ce Christ en croix exprime dans son visage la souffrance universelle sous la forme de la torture. Mais là encore, quelque chose semble en passe d’être effacé. Un passionné de l’art sacré, avec qui nous discutons quelques minutes, s’indigne : « Encore un truc à ne plus visiter. Les Domincains avaient une boutique remarquable, ils faisaient des expositions. Maintenant, ce n’est plus municipal ; la ville a vendu au privé. Nous avons pu visiter la poudrière, qui est à côté, mais pour le reste, la moitié est fermée. [Et le Christ] n’a plus de visage, il a perdu son nez, il a tout perdu. Et le visage a été déporté sur la droite, je ne comprends pas ce à quoi ont joué les restaurateurs… parce qu’il avait une tronche extraordinaire de douleur. Et là, vous avez l’impression de voir un fantôme, il n’a plus de visage. Je voulais montrer à mon copain le Christ le plus extraordinaire qui soit au monde. Et voilà, maintenant si on veut voir quelque chose qui lui ressemble, il faut aller voir le Christ des Preux de Brioude. C’est celui qui lui ressemble le plus. Mais il manque encore cette douleur qu’il avait avant. »