Je ne suis plus de chez vous

Toujours sur le bateau, c’est le soir, il est assez tard. Avec Janine, nous sommes tout yeux toutes oreilles. Nous discutons paisiblement et avec une certaine joie de questions liées à l’Arménie, à la planète que nous découvrons. Être ailleurs, ce que cela fait que de vivre en un lieu où l’on ne se sent pas chez soi, dans une troublante infamiliarité. Comment circuler et faire circuler la parole et les écritures malgré le déni massif, incondifiable? Comment porter en soi ce dernier comme survivant, mutant? Comment continuer à manger au quotidien? Christian, lui, en chemin de traversée, circule, photographie, voit depuis son objectif. Les passagers se font plus rares, très rares en fait. Plusieurs sont seuls, très seuls. Traces d’absence…. Nous sommes d’un autre pays que le vôtre…