Approche du terrible

Le 6 novembre 2013, nous nous rendons à Bursa, la première capitale ottomane, fondée à la fin du IIIe siècle av. J.-C. par Prousias 1er, le roi de Bilthynie. Évangélisée par St-André, elle devint l’une des capitales du christianisme de l’Orient.

Pour y parvenir depuis Istanbul, nous prenons le bateau et arrivons tôt le matin au port de Mudanya, situé dans le golfe de Gemlik sur la côte sud de la mer de Marmara. Pour Christian et moi, un intermède fait des chatoiements de la lumière nacrée, cristalline en même temps que légèrement diffuse. Et nous disons « oui » à ce qui se produit là en nous, durant ce voyage. Presqu’aussitôt touché terre, nous prendrons un bus pour nous retrouver dans un hôtel certes insipide, mais qui offre du lobby une vue imprenable de la ville peuplée de cyprès et lovée dans les montagnes dont le plus haut sommet (2345 m d’altitude), le mont Uludağ (ou Keşiş Dağı, « montagne des moines ») était dans l’Antiquité considéré comme l’Olympe de Mysie ou de Bithynie. Nous savons qu’à cette beauté se confondra bientôt dans la mémoire de Janine Altounian le génocide qui a frappé de plein fouet sa famille.