Le départ

Mahdia, dont la presqu’île accueille l’un des touts premiers ports de pêche de la Tunisie, aujourd’hui encore très actif, a porté plusieurs noms: Jemma, Aphrodisium et Cap Africa. C’est chaque fois une immense joie, après avoir arpenté le cimetière marin, de revoir le grand arc près du cothon phénicien. Fenêtre sur la mer à proximité de laquelle un terrain de foot offre d’autres points de fuite sur d’autres rhizomes d’histoires. Postée là comme la trace d’un immense passé glorieux qui a fait reculé tant et tant de corsaires, cette ouverture nous mène de cette époque où la ville devient la capitale des Fatimides avant que Le Caire ne la remplace en 973, jusqu’à l’histoire récente des Printemps arabes.

Du plus lointain des âges, nous sommes ainsi convoqués à l’écoute de nos archéologies internes, amas de traces oubliés. Et du côté de Thalassa, juste là, un peu au large, une épave qui remonte au 1er siècle et remplie d’objets d’art athéniens nous rappelle la fécondité des fantasmes les plus archaïques.