Le cru du cuit

L’abbaye cistercienne de Valmagne, fondée en 1139, où se nouèrent dans les siècles des siècles la plus haute méditation et la plus basse des barbaries, toutes pulsions tissées depuis les mémoires du meurtre. Les guerres et la Révolution ont apporté là, aux côtés de la spiritualité, le déshumain le plus radical.

 .Et pourtant, la prière et l’adresse à l’Autre qui résonnèrent au mitan des ces troubles trouve encore écho aujourd’hui.

 Nous marchons alors très lentement, en procession, parfois distraits, autour d’un jardin interdit au passant, révélant un secret inaudible. Dans la salle du réfectoire, la lumière tombe en nous, appelant tous les fantasmes de la dévoration sacrée, la culture n’arrivant jamais à étouffer le cri des totems.