La pérennité des formes

Que nous indique soudain, au tournant d’une rue de Mahdia, cette apparition de tous les âges, incarnation actuelle d’un bâti traditionnel qui ne cesse pas de s’écrire, qui persiste et signe la matière ? Que même lorsqu’elles s’effacent, se désagrègent, voire disparaissent à nos yeux, les formes demeurent, perdurent, traversent le temps, s’y installent, présentes en deçà de la conscience collective. En fait, le passé revient toujours, affirme au moyen des traces que je jadis rejoue le demain.

.En fait, c’est l’art de la mémoire que ce palimpseste urbain, ou rural. Comme le disait Freud, la mémoire psychique et la mémoire urbaine fonctionnent analogiquement l’une et l’autre. Ce que l’on voit dans la structure manifeste de ce qui est là révèle nécessairement un tissu latent, qui ne demande qu’à être découvert… en y résistant. Amnésie et souvenirs se rencontrent alors dans les rhizomes de la pensée du sujet et de l’Histoire des collectivités.